Pensées spirituelles

A la demande de soeur Marie du Saint-Esprit, le chapelain met en ligne chaque semaine une synthèse de la pensée spirituelle qu’il a développée dans l’homélie du jour (improvisée).

Dimanche 17 mars 2019, Deuxième de carême / Assumpsit Jesus… (Mt, 17, 1-9)

Jésus choisit 3 disciples et les conduit sur une montagne. Sa divinité jusque-là voilée par son humanité éclate au grand jour. Deux grands personnages de l’Ancien Testament l’encadrent : Moïse et Élie. Tous les deux ont vu Dieu sur une montagne : au Sinaï dans une nuée lumineuse, sur l’Horeb dans une brise légère.

Par sa Transfiguration, Jésus se dévoile dans sa gloire pour prévenir le scandale de son abaissement jusqu’à la mort, et la mort de croix (usque ad mortem, mortem autem crucis).

Dimanche 10 mars 2019, Premier de carême / In caritate non ficta… (2 Co, 6, 1-10)

Jésus est conduit au désert par l’Esprit. Le désert est un lieu d’épreuves.

Nous entrons dans un temps éprouvant : le carême. Un temps de 40 jours et 40 nuits. C’est au désert que le combat spirituel nous attend. Ce combat est un dépouillement radical : faire l’expérience de notre rien. Jusque dans l’expérience de la charité. Deus Caritas est. Dieu seul est charité. Solo Dios. Tout le reste est Caritas ficta. Une fiction de charité. L’Antechrist de la fin des temps singe la charité. Il essaie de nous prendre dans ses filets.

Le temps de carême nous permet de nous tourner vers l’essentiel et d’échapper aux pièges du diable : la charité au rabais qui se contente de la médiocrité. La vraie charité nous saisit totalement.

Dimanche 3 mars 2019, quinquagésime / Verbum istud abscónditus ab eis (Lc, 18, 34)

Jésus invite les douze apôtres à monter à Jérusalem. Ils leur prédit ce qui va s’y accomplir le concernant comme l’ont annoncé les prophètes : il sera livré, moqué, couvert de crachats, flagellé,  mis à mort ; le troisième jour, il ressuscitera.

Verbum istud abscónditum ab eis… Les apôtres ne comprennent pas le sens de ces paroles des prophètes : elles sont énigmatiques. L’intelligence des douze est voilée : la chair et le sang les empêchent de saisir la portée de ces prophéties de la passion du Christ. Leur vue est courte : ils rêvent d’un libérateur politico-religieux temporel et triomphant.

Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! avait confessé saint Pierre.

Et nous, sommes nous prêt à monter à Jérusalem à la suite de Jésus ? Saisissons nous la portée des paroles prophétiques le concernant et nous concernant au premier chef ?

Dimanche 17 février 2019, septuagésime / Ce rocher, c’était le Christ (1 Co, 10, 5)

Saint Paul se réfère ici à un épisode de la traversée du désert par les Hébreux sous la conduite de Moïse. L’eau venant à manquer, le peuple murmure contre Dieu et Moïse, leur guide. Alors Dieu dit à Moïse de frapper le rocher avec son bâton : l’eau jaillit et les Hébreux étanchent leur soif.

Ce rocher, c’est le Christ… Pourquoi ? Parce que Jésus nous accompagne aujourd’hui dans notre marche à travers le désert. Comment ? Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive, selon le mot de l’Écriture : de son sein couleront des fleuves d’eau vive (Jn, 7, 37).

Dimanche 3 février 2019 / Jésus apaise la tempête (Mt 8, 23-27)

Les disciples suivent Jésus dans la barque. Le vent se lève et la mer s’agite comme le monde qui soulève des tempêtes. Les disciples de Jésus donnent prise au vent et se laissent submerger par les vagues : ils sont intimidés par les facéties du monde. Jésus dort mais son coeur veille. Il est là, paisible, et c’est bien assez. Les disciples terrorisés le secouent. Jésus leur dit : Quidcumque timiditi estis ? La timidité et la peur… et il ajoute : Hommes de peu de foi. Alors, se levant, Jésus commande au vent et à la mer… Et il se fit un grand calme.

Dimanche 27 janvier 2019 / Noli vinci a malo, sed vince in bono malum (Ro, 12, 21)

Noli vinci a malo (ne vous laissez pas vaincre par le mal !) nous dit saint Paul. Nous sommes trop souvent déstabilisés par le Malin. Pourquoi ? Parce que nous ne demeurons pas en Dieu : qui manet in caritate, in Deo manet, et Deus in eo. Si nous demeurons en Dieu, et Dieu en nous, nous ne rendrons pas le mal pour le mal. Dieu seul est juste.
Vince in bono malum (soyez vainqueur du mal par le bien) : pour cela il nous faut être habité par le bien. Ce bien, seul Dieu nous le donne en se donnant.

Dimanche 20 janvier 2019 / Quand le vin s’épuise, invoquer Marie !

L’évangile des noces de Cana met Marie au centre Jn 2, 1-12. Pendant 30 ans Maria conservabat omnia verba haec, conferans in corde suo Lc, 2, 19 et 51 (Marie conservait toutes ces paroles, les repassant dans son coeur). Elle avait tellement médité ces paroles qu’aux noces de Cana Marie anticipe à la fois les besoins des convives et le premier signe* de son fils Jésus : ils n’ont plus de vin. Elle dit aux serviteurs : Quidcumque… Quoi qu’il vous dise, faites-le. C’est à nous aussi qu’elle s’adresse quand notre vin s’épuise…

*miracle du changement de l’eau en vin.

Dimanche 13 janvier 2019 / Vere tu es Rex absconditus (Is, 45, 15)

Jésus enfant est un Dieu caché dans son humanité. Sa divinité est cachée à ses plus intimes, Marie et Joseph. Lorsqu’il se dérobe à leur vigilance (Lc 2 42-52) à douze ans, pour rester au Temple, Marie, étonnée, lui dit : Mon fils, pourquoi as-tu agi ainsi avec nous ? Il leur répond : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être aux choses de mon Père ? Marie et Joseph ne comprennent pas ce qu’il leur dit. Dieu conduit les êtres qu’il chérit le plus par des chemins surprenant pour les gens du monde. La mère de Jésus conserve toutes ces choses dans son coeur. La recherche de Jésus passe par des arcanes de souffrance bien mystérieuses pour ceux qui l’aiment. Et Marie ne connaîtra vraiment son fils qu’au pied de la croix, quand tout fut accompli. Vita nostra est abscondita cum Christo in Deo (notre vie est cachée en Dieu avec le Christ).

____________________________

[Extrait d’une lettre de soeur Marie du Saint-Esprit (25 janvier 2019). Le secret des sérénités profondes et durables : elles résident dans le détachement des réalités et des événements éphémères qui forment la trame superficielle de notre vie. Nous avons besoin d’autre chose. Nous portons en nous comme un germe primitif d’où part tout notre être et tous ses développements. C’est le don précieux que nous fait de lui-même « Celui qui Est ». Ce germe participe à son Immensité, à son Immutabilité. Quand nous nous détachons de tout ce qui passe et que nous descendons en ces profondeurs, en dehors de l’éphémère et du rien, nous trouvons la paix qui est SA PAIX : Pacem meam do vobis].

_____________________________

L’Église elle-même est comme une fenêtre, le lieu dans lequel Dieu se fait proche et va à la rencontre de notre monde. L’Église n’existe pas pour elle-même, elle n’est pas un point d’arrivée, mais elle doit renvoyer au-delà d’elle-même, vers le haut, au-dessus de nous. L’Église est vraiment elle-même dans la mesure où elle laisse transparaître l’Autre – avec un « A » majuscule – de qui elle provient et à qui elle conduit. L’Église est le lieu où Dieu « arrive » à nous, et où nous, nous « partons » vers Lui ; elle a le devoir d’ouvrir au-delà d’elle même et de lui porter la lumière qui vient d’en-haut, sans laquelle il deviendrait inhabitable. HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI Basilique vaticane, dimanche 19 février 2012

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s