Historique

Carte postale : photo prise en 1915.

La chapelle Notre-Dame de Spéluque, située sur la commune d’Ampus dans le Var (France). L’ensemble fut un prieuré de l’abbaye de Lérins jusqu’à la Révolution.

L’actuelle sacristie de la chapelle primitive remonte au Xe siècle et fut, sans doute, érigée à l’emplacement d’un ancien lieu de culte païen.

Les Sarrasins, quittant leur repaire de Fraxinet (La Garde-Freinet), firent irruption dans la plaine de Tourtour. Les habitants se réunirent pour résister et jurèrent, s’ils remportaient cette victoire, de construire une chapelle, témoignage de leur reconnaissance à la Vierge.

Ils chassèrent l’envahisseur et construisirent l’édifice. En 990, Almerade évêque de Fréjus, la dota d’un « autel en Val d’Empure » consacré à la Vierge (cartulaire de l’abbaye de Lérins).

Cette chapelle primitive étant devenue trop petite, on lui en adjoignit une autre qui fut consacrée en 1090 par Raymond Béranger, évêque de Fréjus. À l’époque, un monastère et un village se regroupaient autour de cette église.

Quelques années plus tard, un chevalier nommé Tuan et des membres de sa famille saccagèrent ce joyau de l’art roman ainsi que le monastère et le petit village. Seule fut réparée la chapelle au milieu de la petite plaine. Elle fut pourvue d’un prieur et desservie par quatre moines.

Selon l’historien local Marcel Faure, la basilique fut consacrée le 10 janvier 1090 par Bérenger III, évêque de Fréjus.

A la Révolution cette chapelle, Beate Marie de Speluca comme on la désignait dans les anciens textes, appelée également aujourd’hui Chapelle Notre-Dame du Plan, a été vendue comme « bien national » et acquise par Madame d’Autran puis rachetée par la famille de Jerphanion.

Le classement au titre de la loi du 31 décembre 1913 sur les monuments historiques est intervenu par arrêté du 26 juin 1990. L’annexe accolée au sud, englobant le chevet, construit plus récemment (sans doute XVIIIe), n’est pas compris dans la protection.

C’est un édifice à nef unique comprenant en plan trois travées terminées par un chœur semi-circulaire voûté en cul-de-four. La nef est elle-même couverte d’une voûte en berceau brisé soutenue par des arcs doubleaux retombant sur des impostes et des piliers rectangulaires. Les murs latéraux sont rythmés par des arcades de décharge. La chapelle est située en bordure de la Nartuby, au pied du plateau des Rouvières et bordé par le Plan de Canjuers. Le chevet plat est englobé, au nord, dans une sacristie qui est la chapelle primitive du Xe siècle. L’édifice possède un remarquable autel pentadote du XIe siècle des plus rare, composé de deux colonnes torsadées, deux colonnes à fûts lisses et une colonne à fût hexagonal. LUne des colonnes est surmontée de chapiteaux à feuillage.

La meurtrière absidiale possède un vitrail représenterait Notre-Dame, l’oculus éclairant la face ouest a lui aussi conservé son vitrail. Ils datent probablement de la deuxième moitié du XIXe siècle (vers 1868 ?), date à laquelle la chapelle fut réparée et le clocher construits.

En 1793, elle fut vendue comme bien national et, après avoir servi pendant une quarantaine d’années d’abri agricole sinon de bergerie, achetée par madame d’Autran, puis par la famille de Jerphanion qui la rendirent au culte. D’importantes réparations sont alors entreprises et le clocher construits. La cloche est, elle, datée de 1843.

Enfin, Madame Louise de Jerphanion (†), souhaitant rendre à cette chapelle privée sa destination première, y accueille une moniale dominicaine de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire).

La chapelle est désormais propriété de l’association diocésaine de Fréjus-Toulon avec bail emphytéotique à l’Association des amis de Notre-Dame de Spéluque.

M. l’Abbé Alexis Campo, chancelier, a été nommé à compter du 1er septembre 2016 chapelain de la chapelle Notre-Dame-de-Spéluque (réf. 2016 / 85), par Monseigneur Dominique Rey évêque de Fréjus-Toulon.

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